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Juillet 2013 : il va rester dans un coin de ma mémoire, des images et des émotions fortes, de la musique à gogo et un nom : Cairani et La Fiesta de la Virgen del Carmen !

Le Rendez-vous était fixé depuis bien longtemps, et j’avais imaginé maintes fois cet évènement qu’une longue attente avait fini par me faire idéaliser. La réalité n’en sera pas moins intense, et la musique va dans mes souvenirs, rester indissociable des nombreuses rencontres, auxquelles elle va rester attachée.

Car que dire de cette aventure, si ce n’est que ce fut d’abord et avant tout une vibrante expérience humaine, à la dimension de cette formidable région du Pérou.

Les "compañeros" de "los Kairas" et les pionniers du premier enregistrement de "las Zampoñas del Peru" qui vont être à nos côtés durant ces jours de fête, vont témoigner de leur indéfectible attachement à cette terre et à l’amour qu’ils lui portent ; en même temps qu’ils vont nous initier à la fête, ils vont nous faire le magnifique cadeau de leur passion et de leur amitié.

Nous avions bien compris, dès notre arrivée à Tacna, que l’accueil très officiel des autorités, les sollicitations des médias, et les fervents applaudissements des spectateurs présents au "Centro Cultural" de la Nueva Alianza, n’avaient rien de fortuit.

D’une part, nous "surfions" sur la notoriété de nos coachs de "Bolivia Manta" et des complices Boliviens qui les accompagnaient dans ce périple, et d’autre part, pour les anciens de Cairani, piliers de cette musique, l’occasion était trop belle de faire la leçon à la nouvelle génération, adepte effrénée de Cumbia et musique exotique.

"Pensez donc ! Il y en a qui viennent de France, qui font des milliers de kilomètres pour jouer ici notre musique, celle la même que vous boudez et ignorez lamentablement !"

Sergio, Fermin et leurs ami(e)s vont s’employer à nous prendre en charge aussi bien musicalement que sur le plan des agapes : "desayunos tipicos", et autres copieux et généreux festins.

Pour la musique, nous allons arriver sans coup férir, aux trois jours de festivités, défilés, et réception par la famille de la Señora Felipa Maquera, Alferada, et du señor Miguel Angel Llanqui, Alferado également de la fête 2013.

Nuits et jours de folie vont se succéder entre les formations de Cairani, Camilaca, Calacala, Moquegua….. abondamment arrosés de "Cuzqueña", rituellement offerte en préambule à la "Pacha Mama" vénérée comme de coutume.

Bien sûr il est toujours gratifiant de recevoir autant de propos laudatifs et chaleureux de ses hôtes, comme autant de marques de reconnaissance sincères, mais je sais maintenant pour ma part que notre vraie chance, nous, invités modestes, ce fut d’être là, dans ces instants là, avec ces amis là, pour vivre ces moments intenses là, dans le partage et la générosité.

Cela va rester gravé pour nous tous, avec l’envie irrépressible de recommencer ici ou ailleurs, à la recherche de ces sensations uniques, comme seule l’envie obstinée de vivre à fond ses passions peut en procurer.

Avis aux amateurs, et aux amis du collectif Wiñayataqui absents sur "ce coup", et mortifiés de remords (si, si, si….!), à qui nous avons beaucoup pensé tout au long de ces jours de fêtes.

Nous avons pensé à eux en tant que musiciens aficionados, mais aussi en qualité de spectateurs privilégiés et témoins, que nous fûmes également, avec force "gourmandise" !

Nous en ferons bien sûr un récit passionné à nos compagnons lors des prochaines rencontres de week-ends.

Quand à moi, j’essayerai modestement de me montrer digne de ce titre d’ "ambajador de la musica folklorica del distrito de Cairani" qui nous fut "offert" au bout de la fête. Je dis offert, car je pris ça comme un magnifique cadeau en même temps qu’un honneur.

Cette reconnaissance, ne fait pas de moi le détenteur d’un savoir, d’une vérité, d’une autorité. Je ne ferai pas cette erreur, et bien au contraire, elle va renforcer mon humilité et ma soif d’apprendre encore et encore. Je vais essayer de ne pas oublier que je ne serai jamais qu’un lien porteur de cette musique, mais aussi vecteur de tout ce qu’elle véhicule émotionnellement, affectivement et culturellement pour tous ces gens formidables, qui m’ont tant apporté.

En conclusion, je viens les remercier encore ici en toute simplicité.