La musique des Andes, issue de traditions préhispaniques, perpétuées entre autre, dans les communautés Quechuas et Aymaras pour les plus connues (Pérou et Bolivie), est à l’origine l’expression d’une culture et d’un mode de vie, en même temps qu’un art séculaire.

Il s’agissait vraisemblablement de traduire la vibration du cycle de la terre et de la vie par le son de diverses familles de flûtes, attachées à leurs régions d’origine, tout autant qu’apprivoiser le déroulement du temps au pas des danses et au rythme des tambours.

La singularité des instruments utilisés, résidait dans la typicité de leurs sonorités, l’originalité de leurs registres, et leur dimension symbolique.

L’arrivée des conquistadors va fortement influencer et remodeler cette musique par l’utilisation des instruments à cordes, le métissage des rythmes (avec les esclaves venus d’Afrique), et l’apport de la gamme chromatique. (La gamme précolombienne est pentatonique) L’évolution va aussi se faire à travers la codification musicale et l’écriture, la musique traditionnelle Andine étant avant tout une expression de transmission orale. Tout ceci contribuera à enrichir, mais aussi diluer, la force et la profondeur des éléments culturels de cette musique rituelle, liée aux coutumes agraires, à l’enchaînement des saisons et aux phénomènes en lien avec les astres et la cosmologie.

Une musique de divertissement s’est depuis lors développée en parallèle, souvent dans les villes, comme à La Paz, Cochabamba, Cuzco…. La kéna et les différentes flûtes de pan y côtoient les cordes comme la guitare la mandoline, le tiple, le bandolin, le requinto…. Et les charangos, ainsi que les percussions comme bombo, wankara, chjarchas, Cajon….

Au travers de cette expression aux influences musicales renouvelées, des sonorités inédites ont vu le jour, et des instruments inédits sont apparus, se (re)découvrant une identité, sous l’appellation de néo-folklore.