Le propre de la vie d’un groupe de musique, quel qu’il soit, est d’être en évolution constante.

Je précise : il ne s’agit pas là de prôner, la révolution permanente, les bouleversements à tout va, et au final une instabilité préjudiciable.

Il est bien évident que la qualité de la production d’un groupe, doit se fonder sur une certaine pérennité des effectifs garant de la "couleur", d’un son propre, une continuité dans les choix de transformation du répertoire, une capacité à réinterroger régulièrement ses arrangements et l’entretien d’une dynamique a minima.

D’où l’importance de la permanence d’un certain nombre de cadres, ce qui est le cas pour nous aujourd’hui où 5 des 6 membres du groupe ont plus de 4 années de présence en son sein.

Il est recommandé pour la longévité d’une formation musicale, qu’elle ait à se produire de temps à autres, afin de trouver sa motivation dans des échéances à court ou moyen terme : un projet, un concert, une animation…….

Il est donc indispensable d’avoir sous le coude un répertoire minimum, adaptable aux circonstances, et de pouvoir le renouveler graduellement.

Après sa campagne 2009-2010, et la Misa Criolla montée avec la chorale de Chabeuil, le groupe INTIWATANA s’était attaché à toiletter le répertoire équilibré qui lui avait servi d’ouverture lors de ce spectacle.

Patiemment, morceau par morceau, plus de 50% de nos vieux "tubes" ont été ainsi remplacés ; mais déjà en 2010, Samuel qui venait de nous rejoindre, prenait rapidement conscience de ses difficultés à concilier son engagement dans le groupe, avec sa vie professionnelle d’intermittent et ses nombreux déplacements. Aussi, sagement, il va se mettre en réserve du groupe, restant à notre disposition ponctuellement pour la partie technique : scène et prises de son, et des participations épisodiques sur des morceaux traditionnels, en fonction de son agenda. (Il s’attache en revanche autant que faire se peut, à participer aux stages Wiñayataqui dont il est un adepte farouche, et fait un peu office de "pont" avec nos amis sikuristes parisiens lors de ses incursions dans la capitale.

A la fin de l’année 2011, après quelques tentatives en auto-production, les circonstances vont nous faire recroiser la route de la chorale de Chabeuil (rebaptisée Grain d‘phonie tout récemment). Il s’agit cette fois d’un projet mixte total : Une Misa Criolla, toujours très prisée, et une quinzaine de morceaux du répertoire Latino-américain interprétés par les choristes et accompagnés par le groupe : Bolivie, Pérou, Equateur, Argentine, Chili…….En janvier les contacts officiels pris, une compilation d’œuvre est établie, et une convention est signée, on peut attaquer le chantier, horizon fin 2012 – 2013.

Dans le même temps, Pascal, vieille pierre angulaire du groupe, fait part de sa décision de nous quitter : autres choix musicaux, lassitude, contraintes personnelles en regard du nouveau projet……Il nous faut alors reconsidérer partiellement le répertoire, et statuer sur l’opportunité du remplacement d’un élément.

Nous nous arrêtons d’un commun accord sur un nom : notre ami Yves, lequel fait les beaux soirs des Peña des stages Wiñayataqui auxquels il participe assidûment. Son égalité d’humeur, sa polyvalence, sa bonne connaissance du continent Latino-Américain et de sa musique (il est responsable de l’association Gapençaise Kausasun), et les liens réguliers qui nous unissent de longue date, en font un partenaire qui s’impose. Nul doute que la passion et l’envie l’aideront à avaler les kilomètres qui séparent Gap de la Drôme, et que notre plaisir partagé abattra les montagnes (et le col de Cabre !)