Capitale de la province de Larecaja, au nord-ouest de La Paz, au pied du majestueux Illampu (6429 m), SORATA la paisible, n’attendait que cette seconde semaine de septembre pour se réveiller.

Cela tombait bien, Carlos avait depuis longtemps le projet d’emmener un groupe y faire la fête.

Partis pour une nouvelle expérience musicale en Bolivie, onze flûtistes du Collectif Wiñayataqui ont donc découvert la petite ville blottie à l’ombre de ses palmiers géants et de ses bougainvilliers en fleurs, à 2700m d’altitude sur le chemin des Yungas.

Arrivés le jeudi 8 septembre, après quatre heures de bus, laissant derrière nous, le lac Titicaca alangui et la ville d’Achacachi, nous nous sommes posés dans le cadre délicieux de l’hôtel "Toro bravo" notre nouvelle demeure.

TAKI, association organisatrice, proposait en partenariat avec Carlos, notre relais en Bolivie, une semaine de musique de flûtes de pan traditionnelles :

  • Des ateliers quotidiens d’une part, sous la haute compétence de deux accompagnateurs musicaux membres du groupe Llajtamayu : Domingo et Eusebio, venus de La Paz avec leur science de l’Italaque et du K’antu
  • Une participation active à la fête annuelle de Sorata d’autre part, sur invitation des instances officielles. Au "menu" défilé et musique en déambulation parmi les autres formations musicales présentes sur la Grand-Place du bourg, tout en étant conviés aux différentes agapes et festivités.

Nous nous mîmes au travail, dès notre arrivée. Les ateliers permirent aux membres du Collectif de se consacrer à une approche technique et précise du répertoire traditionnel pressenti pour la fête du week-end et celle du mercredi, y compris l’acquisition de quelques morceaux nouveaux.

Et il fallait être prêts et en tenue "d’apparat" dès le samedi matin, pour faire une entrée solennelle dans l’église de Sorata au son des flûtes et des bombos faisant trembler les voûtes. Ensuite, mêlés à tous les protagonistes de la fête lors des défilés musicaux et exhibitions de groupes, nous avons essayé de tout donner, pour nous montrer dignes de l’évènement.

L’accueil fut somptueux, pour nous qui étions la seule formation de flûtes traditionnelles programmée ; la foule massée sur les trottoirs nous rendit un hommage appuyé et chaleureux, par ses applaudissements et de nombreuses marques de sympathie à chacun de nos passages.

Lors d’une brève intervention, nous pûmes exprimer notre fierté de partager ces moments uniques avec la population locale particulièrement dans cette région ; n’oublions pas que nous étions à proximité de Charazani, un des berceaux de la flûte de pan en Bolivie.

Nous remerciâmes aussi vivement les autorités municipales, de l’honneur qui nous fut fait au travers de leur invitation et de leur accueil.

Au dernier jour de la fête, le Collectif connut le privilège émouvant de recevoir un superbe trophée, témoignage de reconnaissance de la qualité de la prestation de "ces musiciens" venus de si loin et des "conjuntos" boliviens qui les accompagnaient.

Bien sûr, la "Paceña" coula à flots au fond de nos gosiers asséchés….et sur le pavé de Sorata, en l’honneur de la Pachamama.

De cette belle aventure humaine et musicale resteront gravés au cœur de chacun d’entre nous, ces rencontres chaleureuses, une communion et des vibrations profondes et en résonnance, des moments festifs et conviviaux inoubliables.

Les échanges et les manifestations amicales furent spontanés tout au long du défilé, nombreux échanges glanés au gré des rires, des moments de danses et des exhibitions dans les clubs de quartiers qui nous convièrent a un libre partage dans la joie.

Quelle est belle et noble la musique quand elle s’ouvre sur les portes du rêve en se dépouillant de l’imperfection humaine

De retour ici au pays, les membres du Collectif, acteurs comblés de cette expérience musicale, ont pu vibrer de nouveau, en communiquant leurs enthousiasmants souvenirs à leurs complices Rhône-Alpins, n’ayant pas eu la chance de les accompagner.

Domingo et Eusebio nous laissent en cadeau leur amitié et un soupçon de leur savoir, qui vont nous aider à transmettre ce feu qui brûle les souffles et transcende les roseaux.

Dans la lignée de cet état d’esprit, tous les amis du collectif, vont pouvoir repartir autour d’un nouveau répertoire, pour nourrir encore et toujours les liens si forts qu’ils ont su tisser patiemment, année après année, au sein de TAKI.